RGPD en entreprise : guide en 6 étapes pour être en conformité
Désigner un pilote, cartographier, prioriser, gérer les risques, organiser, documenter : les 6 étapes proposées par la CNIL pour se conformer au RGPD.
Mis à jour le Publié le 14 min de lecture

Applicable depuis le 25 mai 2018, le règlement général sur la protection des donnéesRGPDRèglement européen 2016/679, applicable depuis le 25 mai 2018. (RGPD) s'impose à toutes les entreprises qui traitent des données personnelles, quelle que soit leur taille. Ce guide reprend les 6 étapes proposées par la CNIL pour organiser votre mise en conformité et protéger les données personnelles que vous traitez.
Étape 1 : Désigner un référent

Au cœur de toute stratégie de conformité RGPD en entreprise se trouve le besoin de désigner un référent qui pilote la démarche. La CNIL recommande de confier ce rôle à un délégué à la protection des donnéesDPOPersonne chargée, au sein d'un organisme, d'informer et de conseiller sur le respect du RGPD, d'en contrôler l'application et de coopérer avec la CNIL. (DPO).
La désignation d'un DPO est obligatoire pour les autorités et organismes publics, et pour les organismes dont les activités de base les amènent à suivre de façon régulière et systématique des personnes à grande échelle, ou à traiter à grande échelle des données sensiblesDonnées sensiblesDonnées personnelles dont le traitement est en principe interdit, sauf exceptions : origine raciale ou ethnique, opinions politiques, convictions religieuses ou philosophiques,… ou relatives à des condamnations pénales (article 37 du RGPD). Dans les autres cas, elle est encouragée.
Importance du rôle de DPO (délégué à la protection des données)
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) présente le DPO comme le « chef d'orchestre » de la conformité au sein de l'organisme.
En effet, le DPO est le pivot de la conformité RGPD au sein de l'entreprise. Il est chargé d'informer et de conseiller l'organisme et ses équipes, de contrôler le respect du RGPD et de la loi Informatique et Libertés, de conseiller sur les analyses d'impact, de coopérer avec la CNIL et d'être son point de contact (article 39 du RGPD). Il n'est pas personnellement responsable en cas de non-conformité : c'est l'organisme, en tant que responsable du traitementResponsable de traitement et sous-traitantLe responsable de traitement détermine pourquoi et comment des données personnelles sont traitées., qui doit pouvoir démontrer sa conformité.
Comment choisir le bon pilote pour votre organisation
Le choix d'un DPO ne doit pas être pris à la légère. Il faut une personne ayant une connaissance approfondie du RGPD, des traitements de données à caractère personnel et des obligations légales en matière de protection des données en France et en Europe.
Une formation en protection des données est un atout. La CNIL a aussi adopté un référentiel de certification des compétences du DPO : la certification, délivrée par des organismes agréés par la CNIL, n'est pas obligatoire pour exercer la fonction. De plus, il est essentiel que le DPO ait une compréhension approfondie des activités de l'entreprise, des informations personnelles collectées et de la manière dont elles sont traitées et conservées.
Dans ce contexte, désigner un DPO compétent s'avère être une étape décisive pour la conformité RGPD de l'entreprise. En faisant ce choix stratégique, l'entreprise renforce son respect du droit européen en matière de protection des données et se positionne aussi comme une entité responsable et digne de confiance aux yeux de ses partenaires, de ses clients et de la CNIL.
Étape 2 : Cartographie des traitements de données personnelles

L'une des étapes fondamentales pour toute entreprise visant à être en conformité avec le RGPD est la cartographie précise de ses traitements de données. En France et au sein de l'Union européenne, la loi exige une approche rigoureuse et transparente en matière de gestion et de traitement des données à caractère personnel. La CNIL recommande de construire cette cartographie sous la forme d'un registre des activités de traitement (voir l'étape 6).
Inventorier l'activité de l'entreprise
Chaque entreprise, quelle que soit sa taille, doit avoir une vision claire des données personnelles qu'elle collecte, traite et stocke.
Cela comprend les données des employés, des clients, des fournisseurs et de tout autre groupe concerné. Une telle cartographie permet de comprendre le cycle de vie de chaque information personnelle, de sa collecte à sa suppression, en passant par sa conservation. Ces informations sont cruciales pour la mise en conformité RGPD.
Recenser et évaluer l'impact du RGPD sur vos traitements de données
Une fois l'inventaire réalisé, il est essentiel de mesurer l'impact du RGPD sur ces traitements. Cela nécessite une analyse approfondie des risques pour les droits et libertés des personnes concernées. L'entreprise doit être en mesure d'identifier les points sensibles, notamment en ce qui concerne le droit à la limitation du traitement, la durée de conservationDurée de conservationPériode pendant laquelle des données personnelles peuvent être conservées. des données et les bases légales de chaque traitement.
Identifier la finalité des traitements
Conformément au RGPD, chaque traitement de données à caractère personnel doit avoir une finalité claire et légitime. C'est-à-dire que chaque fois que des données sont collectées, l'entreprise doit pouvoir justifier pourquoi elle le fait. Chaque traitement doit aussi reposer sur l'une des six bases légales prévues par le RGPD, par exemple l'exécution d'un contrat, une obligation légale ou le consentement de la personne concernée (voir le bonus en fin d'article).
Cette étape est cruciale pour garantir la transparence vis-à-vis des personnes physiques et pour éviter des sanctions de la part de la CNIL ou d'autres autorités de contrôle européennes.
Cartographier ses traitements répond à une obligation légale, et cette démarche renforce également la confiance avec les clients, les employés et les partenaires.
Étape 3 : Analyse et priorisation

Après avoir cartographié les traitements de données personnelles, il est crucial d'établir une stratégie d'analyse et de priorisation. C'est à ce stade que l'entreprise détermine les principales actions à entreprendre pour sa conformité RGPD, en prenant en compte les spécificités légales de la France et en assurant la protection des données.
Comment hiérarchiser les besoins et actions à mener
Au cœur de la démarche de conformité, il est essentiel de hiérarchiser les actions. Certaines données peuvent être plus sensibles ou à risque que d'autres. Une analyse d'impact relative à la protection des données (AIPD) aide à déterminer les zones à risque élevé pour les droits et libertés des personnes concernées. Obligatoire pour les traitements susceptibles d'engendrer un risque élevé (voir l'étape 4), cette analyse est aussi un outil précieux pour évaluer et prioriser les actions RGPD au sein de l'entreprise.
Audit des traitements de l'organisation
Avec l'aide du DPO et des équipes concernées, un audit interne des traitements des données à caractère personnel doit être effectué. Cet audit permet d'évaluer la conformité actuelle de l'entreprise par rapport au RGPD et à la loi Informatique et Libertés. Il s'agit d'une étape clé pour déterminer les écarts, les lacunes et les domaines d'amélioration.
Correction des écarts de conformité
Une fois les lacunes identifiées lors de l'audit, il est essentiel de définir un plan d'action pour rectifier ces écarts. Cette étape peut nécessiter des changements dans les processus, la mise à jour des politiques de protection des données ou la mise en place de nouvelles mesures de sécurité pour protéger les données personnelles.
Centraliser la documentation existante
Toutes les informations, directives, procédures et politiques relatives au traitement des données doivent être centralisées. Avoir une documentation robuste, cohérente et facilement accessible est crucial pour prouver la conformité RGPD de l'entreprise. De plus, cela facilite la formation et l'information des employés, renforçant ainsi la culture de protection des données au sein de l'organisation.
Il est à noter que l'analyse et la priorisation ne sont pas des étapes ponctuelles, mais nécessitent un engagement continu. La réglementation en matière de protection des données, tout comme les besoins de l'entreprise, peuvent évoluer. Une réévaluation périodique, qui tient compte de l'évolution des textes et des recommandations de la CNIL et du Comité européen de la protection des données (CEPD), est donc primordiale.
Étape 4 : Gestion des risques

La mise en œuvre du RGPD en entreprise ne se limite pas à la simple identification et cartographie des données. L'évaluation et la gestion des risques associés à ces données sont fondamentales. Cette étape est vitale pour protéger les droits et libertés des personnes concernées.
Mener une analyse d'impact (AIPD) pour identifier les risques
L'analyse d'impact relative à la protection des données (AIPD) est un processus clé qui aide les entreprises à identifier et évaluer les risques liés au traitement des données personnelles.
Elle est obligatoire pour les traitements susceptibles d'engendrer un risque élevé pour les droits et libertés des personnes (article 35 du RGPD). La CNIL publie la liste des types de traitements pour lesquels une AIPD est requise ou non, et propose un logiciel libre, PIA, pour la mener. Il s'agit de déterminer l'impact potentiel de ces traitements sur la vie privée et les informations personnelles des individus concernés.
Identifier les points sensibles au regard du RGPD
Pour assurer une protection des données conforme au RGPD, il est essentiel d'identifier les points sensibles. Les modalités de recueil du consentement, la durée de conservation des données et la façon dont les données sont partagées avec des tiers méritent chacune une attention particulière.
Par ailleurs, l'entreprise doit être consciente des droits des personnes concernées, tels que le droit à la limitation du traitement ou le droit d'accès à leurs données. Chaque entreprise, selon sa taille et son secteur d'activité, aura ses propres défis à relever pour être en conformité avec le RGPD et la loi Informatique et Libertés.
Face aux menaces émergentes et à l'évolution constante du paysage numérique, une gestion efficace des risques est essentielle. Le RGPD demande aux organismes d'anticiper plutôt que de réagir après coup. En France, le DPO joue ici un rôle central, et les guides et recommandations de la CNIL aident à vérifier que les procédures de l'entreprise sont conformes et solides.
Étape 5 : Organisation interne

L'adaptation à la réglementation du RGPD ne se fait pas en vase clos. L'organisation interne doit être alignée sur ces exigences. Cela nécessite une transformation à plusieurs niveaux, de la formation des collaborateurs à l'établissement de procédures solides.
Déployer et optimiser les procédures internes adaptées
Pour que la protection des données personnelles soit véritablement effective, les procédures internes de l'entreprise doivent être révisées et optimisées.
Cette étape est cruciale pour que les données à caractère personnel soient traitées conformément au RGPD et aux recommandations de la CNIL. Cela comprend, par exemple, la manière dont les données sont collectées, stockées et partagées, mais aussi la gestion des violations de données : lorsqu'une violation présente un risque pour les personnes, elle doit être notifiée à la CNIL, si possible dans les 72 heures (article 33 du RGPD).
Établir une procédure de gouvernance pour une mise en conformité pérenne
La mise en conformité RGPD n'est pas un processus ponctuel. Elle nécessite une gouvernance solide avec des mécanismes de revue régulière pour s'adapter à l'évolution du paysage réglementaire et technologique.
Il est donc essentiel d'établir un cadre de gouvernance solide qui permettra à l'entreprise d'assurer une protection continue des données à caractère personnel et de répondre aux demandes des personnes concernées.
Informer collaborateurs et clients
L'information est une étape fondamentale de la conformité RGPD. Les collaborateurs doivent être formés et conscients des implications du RGPD sur leurs activités quotidiennes. Ils doivent notamment savoir reconnaître une demande d'accès, de rectification, d'effacement ou d'opposition, à laquelle l'entreprise doit répondre en principe dans un délai d'un mois (article 12 du RGPD).
De plus, les clients ou toute personne physique dont les données sont traitées doivent être informés de leurs droits, des procédures de traitement de leurs informations personnelles et des mesures de protection mises en place.
Ainsi, au cœur de cette démarche d'organisation interne pour la conformité RGPD, l'entreprise renforce non seulement sa capacité à protéger les données personnelles, mais aussi sa crédibilité et sa confiance auprès de ses clients et partenaires. En France, et plus largement en Europe, une organisation solide est le pilier d'une stratégie de conformité réussie.
Étape 6 : Documentation et preuve de conformité

La mise en conformité avec le RGPD ne se limite pas aux actions internes. L'entreprise doit également être en mesure de démontrer ses efforts pour respecter les règles européennes, en particulier lorsque la CNIL en fait la demande.
Importance de tenir un registre des traitements
Tous les organismes qui traitent des données personnelles doivent tenir un registre des activités de traitement, quelle que soit leur taille. Les organismes de moins de 250 personnes bénéficient d'une exemption limitée : ils doivent tout de même y inscrire leurs traitements non occasionnels (paie, gestion des clients...), les traitements susceptibles de comporter un risque pour les personnes et ceux qui portent sur des données sensibles.
Pour chaque traitement, le registre indique notamment les finalités, les catégories de personnes et de données concernées, les destinataires, les éventuels transferts hors de l'Union européenne, les durées de conservation et une description générale des mesures de sécurité (fiche de la CNIL sur le registre).
Le registre des traitements est un outil indispensable pour le DPO, qui peut ainsi assurer une surveillance et une gestion continues des activités de traitement au sein de l'entreprise.
Construire son registre de traitements et centraliser la documentation
Outre la tenue d'un registre, l'entreprise doit s'assurer que toute sa documentation relative à la protection des données personnelles est centralisée et facilement accessible. Cela comprend, par exemple, les politiques de confidentialité, les contrats avec les sous-traitants, les analyses d'impact (AIPD) et les preuves du consentement des personnes concernées.
Cette centralisation facilite la gestion interne et permet aussi de répondre rapidement aux demandes d'information de la CNIL ou d'autres autorités compétentes.
Présenter la conformité à travers une documentation robuste
Une fois que l'entreprise a établi ses procédures et centralisé sa documentation, elle doit être prête à les présenter. En France, comme dans d'autres États membres de l'Union européenne, les entreprises peuvent être soumises à des contrôles et doivent donc être en mesure de démontrer rapidement et efficacement qu'elles respectent le RGPD. Une documentation claire, bien organisée et à jour est donc essentielle.
En fin de compte, une documentation robuste et bien gérée est la preuve tangible des efforts de l'entreprise pour se conformer aux exigences du RGPD. Elle démontre non seulement la conformité, mais aussi l'engagement de l'entreprise à protéger les droits et libertés des personnes concernées, renforçant ainsi sa crédibilité et sa réputation.
Bonus : Bases légales et consentement

La conformité au RGPD ne se résume pas uniquement à des procédures et des documents. Elle est aussi fondamentalement ancrée dans la compréhension et l'application des bases légales qui permettent le traitement des données, ainsi que dans le respect du consentement des personnes concernées.
Choisir une base légale appropriée
Avant de procéder à tout traitement de données à caractère personnel, l'entreprise doit identifier une base légale pertinente. Le RGPD en prévoit six (article 6) : le consentement de la personne concernée, l'exécution d'un contrat ou de mesures précontractuelles, le respect d'une obligation légale, la sauvegarde des intérêts vitaux d'une personne, l'exécution d'une mission d'intérêt public et l'intérêt légitime de l'organisme ou d'un tiers.
Chaque base a ses spécificités et il est essentiel pour l'entreprise de bien comprendre les implications et les conditions associées à chacune d'elles pour assurer une protection adaptée des données personnelles.
Les meilleures pratiques pour le recueil du consentement
L'une des bases légales les plus couramment utilisées, en particulier en matière de marketing, est le consentement de la personne concernée. Le RGPD exige que ce consentement soit libre, spécifique, éclairé et univoque (article 4). La personne doit pouvoir le retirer à tout moment, aussi simplement qu'elle l'a donné, et l'entreprise doit pouvoir prouver qu'il a bien été recueilli (article 7).
En d'autres termes, l'entreprise doit fournir des informations claires et précises sur la finalité du traitement et les droits de la personne, sans pression ni case précochée. Le respect de ces principes donne aux personnes concernées la maîtrise de leurs données à caractère personnel et renforce la confiance entre l'entreprise et ses clients.
En Europe, et plus précisément en France sous le contrôle de la CNIL, ces deux éléments, la base légale et le consentement, sont au cœur de la démarche de conformité RGPD. Ils reflètent l'essence même du RGPD : placer la personne physique au centre de la protection des données et garantir ses droits et libertés.
Conclusion : Vivre sa conformité au RGPD au quotidien
La mise en conformité avec le RGPD n'est pas un simple acte ponctuel : c'est un processus continu qui exige vigilance, engagement et adaptation. Pour les entreprises, respecter le RGPD et la loi Informatique et Libertés est aussi une question de confiance, d'éthique et de responsabilité envers chaque personne concernée.
Vivre sa conformité au quotidien
L'environnement des données personnelles évolue sans cesse : nouvelles technologies, attentes des clients, nouvelles recommandations de la CNIL et des autres autorités de l'Union européenne.
Ainsi, chaque entreprise doit avoir un regard proactif, intégrant la protection des données personnelles dans sa stratégie globale. La conformité RGPD se travaille en continu, avec le respect des droits des personnes et la protection des données à caractère personnel toujours au premier plan.
Importance de la mise à jour régulière des processus
À mesure que les entreprises grandissent, se diversifient ou adoptent de nouvelles technologies, leurs traitements de données évoluent également. Il est donc impératif de réévaluer régulièrement les procédures, d'effectuer des audits et d'ajuster les pratiques pour que le traitement des données à caractère personnel reste conforme au RGPD et aux autres lois applicables.
Dans cette optique, le DPO (délégué à la protection des données) joue un rôle central, en veillant à ce que l'entreprise reste informée des dernières réglementations et en s'assurant que les processus de protection des données personnelles sont toujours à jour.
Au cœur de cette démarche, l'entreprise doit se rappeler que la conformité RGPD dépasse les cases à cocher et les documents à produire. Elle repose sur une culture de la protection des données, qui met en valeur l'intégrité de l'entreprise, renforce sa réputation et établit des relations de confiance durables avec ses clients et partenaires en France, en Europe et au-delà.
Nestor ne vous rend pas conforme au RGPD : la conformité reste celle de votre organisation. Il peut toutefois vous aider sur certains points quand vous collectez des documents auprès de vos clients, de vos partenaires ou de vos salariés. Vous décidez, espace par espace, qui peut écrire, déposer ou télécharger, chaque action est journalisée, et les données sont hébergées en France, sur une infrastructure européenne totalement souveraine. Pour en savoir plus, consultez notre page sur la collecte de documents.
Pour en savoir plus sur le RGPD :